Discours du Gouverneur en Sierra Leone

  • Monsieur le Représentant du Gouvernement de la Sierra Leone ;
  • Messieurs les Gouverneurs des Banques Centrales ;
  • Monsieur le Commissaire Chargé des Politiques Macro-économiques et de la Recherche Economique de la Commission de la CEDEAO ;
  • Madame la Directrice Générale de l’IMAO ;
  • Monsieur le Directeur Général de l’AMAO ;
  • Monsieur le Directeur Général du WAIFEM ;
  • Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions Régionales, Africaines et Internationales ;

Mesdames et Messieurs les Délégués,

Honorables invités,

C’est avec un réel plaisir et un insigne honneur que je prends la parole pour souhaiter à toutes et à tous la bienvenue à cette 40ème réunion du Comité des Gouverneurs des Banques Centrales des pays membres de la Zone Monétaire de l’Afrique de l’Ouest.

Je voudrais tout d’abord, au nom des Gouverneurs et des délégations qui les accompagnent, et en mon nom personnel, exprimer mes sincères remerciements et ma profonde gratitude à son Excellence Julius Maada BIO, Président de la République de Sierra Leone, au Peuple et au Gouvernement Sierra Leonais, ainsi qu’au Gouverneur de la Banque de Sierra Leone, pour l’accueil chaleureux et les facilités qui ont été mises à notre disposition depuis notre arrivée dans ce beau pays, à l’hospitalité légendaire.

Je voudrais également vous adresser à tous mes vifs remerciements pour avoir bien voulu honorer de votre présence ce grand rendez-vous sous-régional, qui témoigne de l’intérêt que vous attachez à notre projet commun. 

Permettez-moi d’étendre ces remerciements au personnel de l’Institut Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (IMAO), avec lequel j’ai œuvré pendant ma présidence pour le suivi des décisions de la 42ème réunion du Conseil de Convergence.   

Votre présence démontre votre engagement à porter le processus d’intégration monétaire de la CEDEAO vers des succès encore plus grands, en dépit des vicissitudes inhérentes à la construction des grands ensembles.   

Comme vous le savez, la création d’un espace économique et monétaire viable est un chantier très complexe à réaliser. Même les espaces économiques et monétaires les plus réussis au monde ont alterné, dans leur processus, des phases de progrès et de difficultés.

En tout état de cause, la conviction de la Guinée est que notre volonté de faire aboutir ensemble le Programme de coopération monétaire de la CEDEAO l’emportera sur les incompréhensions momentanées. Nous devons chaque fois tirer leçons de nos divergences, pour rendre irréversible le processus d’intégration de notre sous-région.

Honorables Gouverneurs,

Mesdames et Messieurs,

En 2019, l’activité économique de notre zone s’est améliorée dans, un contexte de morosité de l’économie mondiale. Le taux de croissance économique est estimé à 2,6 % contre 2,3 % en 2018. Cette amélioration est le résultat de la mise en œuvre de politiques économiques appropriées dans nos différents pays.

Cependant, l’évaluation de la performance des Etats membres en matière de convergence macroéconomique indique que la plupart des pays n’ont pas respecté tous les critères de premier rang. Seule la Gambie a respecté les quatre critères de convergence de premier rang. Le Ghana, le Liberia et la Guinée ont respecté trois critères chacun, tandis que le Nigéria en a respecté deux. C’est le lieu de rappeler que le respect des critères de convergence sur une base durable reste un défi majeur à relever. 

En dépit de ce contexte, je reste convaincu qu’avec l’engagement sans réserve de nos pays pour la mise en œuvre effective du Programme de Coopération Monétaire de la CEDEAO, les résultats ne pourront que s’améliorer. A ce titre, je voudrais saluer les efforts consentis depuis quelques années par les Banques Centrales de la Zone pour stabiliser  monnaies nationales, limiter le financement monétaire des déficits budgétaires, et contenir les pressions inflationnistes.

Honorables Gouverneurs,

Mesdames et Messieurs,

Sur le plan institutionnel, des décisions importantes ont été prises en 2019, notamment le choix du nom de la future monnaie commune  (l’ECO), l’adoption d’un régime de change flexible, d’un cadre de politique monétaire axé sur le ciblage de l’inflation, du modèle fédéral de Banque Centrale ainsi que du nom de cette Institution (Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest (BCAO). Ces résultats constituent des avancées majeures vers notre objectif commun, et traduisent la volonté politique des chefs d’État et de Gouvernement de la Zone de faire de la CEDEAO un modèle en Afrique.

Malgré ces avancées, force est d’admettre que le chemin reste encore long, et qu’il est parsemé d’embuches. C’est en agissant de concert et en fédérant nos énergies que nous parviendrons à transcender ces écueils et à relever des défis encore plus grands.

Il est motivant de constater que le projet de création de la monnaie commune dans notre espace continue de susciter un immense espoir pour les populations. Nous avons le devoir d’apporter des réponses aux multiples questions que se posent ces populations. L’une des voies les plus appropriées dans ce sens est l’élaboration de véritables stratégies de communication à l’endroit de nos concitoyens, toutes catégories confondues, pour susciter à leurs niveaux la confiance indispensable à la viabilité de la coopération monétaire de la CEDEAO. Leur adhésion au projet communautaire est en effet un gage de succès.

Honorables Gouverneurs,

Mesdames et Messieurs,

Durant ma présidence, j’ai veillé, avec l’appui de l’IMAO, au suivi de l’application des décisions de la 42ème réunion du Conseil de Convergence, tenue le 23 août à Conakry. A cet égard, il faut saluer l’opérationnalisation du Collège des Superviseurs des Institutions Financières Non Bancaires de la ZMAO, laquelle a tenu sa réunion inaugurale, du 13 au 15 novembre 2019, à Accra ; l’élaboration d’un cadre de SWAP de devises pour la facilitation des échanges intra zone ; l’engagement par l’IMAO des démarches de mobilisation de ressources pour l’utilisation de l’Identifiant Bancaire Unique.

En outre, dans le souci de contribuer à l’accélération de l’harmonisation des statistiques, qui est une activité de la feuille de route révisée, j’ai eu des échanges avec AFRISTAT qui m’a assuré de sa disponibilité à travailler avec les institutions en charge de cette activité. Sur ma demande, AFRISTAT a pris contact avec l’IMAO et l’AMAO. La question est également inscrite à l’ordre du jour de la réunion du Comité des Gouverneurs des Banques Centrales des États membres de la CEDEAO, sur instruction de Monsieur le Président en exercice.

J’ai la ferme conviction que mon successeur poursuivra les chantiers en cours, en vue d’accélérer la mise en œuvre des activités prévues dans la feuille de route.

Je suis persuadé que cette rencontre de Freetown sera une étape importante dans la recherche des voies et moyens nécessaires à l’aboutissement du processus d’intégration monétaire dans l’espace CEDEAO.

Pour terminer mon allocution, je voudrais encore une fois vous remercier tous de votre soutien pendant ma présidence. Je vous invite à continuer d’apporter le même soutien à mon successeur.

Je souhaite plein succès aux présents travaux.

Je vous remercie de votre aimable attention

Dr Louncény NABE

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